Cycad – Des vélos bruxellois

30 mai 2017

Ma vie a changé depuis deux semaines. Je prends mon vélo chaque matin et avec plaisir. Je ne sais dire si c’est le bambou dont il est fait ou la batterie qui soulage mes guibolles qui me rend si heureuse, mais je peux vous dire que je consens à n’importe quel subterfuge pour pouvoir le sortir. Pour être tout à fait exacte, ce n’est pas mon vélo, mais un vélo test avant de recevoir le mien dans une grosse semaine. Le mien qui ne sera pas tout à fait le mien, car ce qui m’a séduit dans Cycad, entre autres, c’est l’idée d’une location, d’un leasing vélo en quelque sorte.

Je suis tentée depuis longtemps par un vélo électrique, pas envie d’aller vers l’entrée de gamme et de le regretter bien vite, mais pas les moyens non plus d’investir autant d’argent dans un objet pas vraiment testé, sans savoir si je vais accrocher, et puis pas les moyens tout court. Et enfin, leur formule leasing m’a plu : calendrier des entretiens géré par Cycad, c’est aussi eux qui gère en cas de vol du vélo ou pour un souci technique (testé et approuvé pas plus tard que hier soir – moins de 24 heures se sont écoulées entre la découverte du souci et la réparation).

Vous le voyez, je suis un peu sur-emballée par le projet. Petit interview pour vous convaincre vous aussi. Ne soyez pas effrayé(e) par la longueur, c’est drôlement intéressant.

Expliquez-nous en 1 ou 2 lignes le concept de Cycad pour que tout le monde comprenne.
CYCAD met à disposition, au km parcouru, des vélos électriques en bambou (belge ou français) fabriqués en Belgique. Nous restons propriétaire mais vous l’utilisez comme si c’était le vôtre et sans les soucis d’entretien et en cas de vol, on vous remplace simplement le vélo. Plus vous roulez, moins vous payez.

Qui se cachent derrière Cycad ? Qui êtes-vous ? Vos « parcours » ?
Perrine et Nars. Nars est anthropologue de formation. Il est né et a grandi aux Philippines. Passionné de vélo, son goût pour la mécanique et l’amélioration du confort du cycliste le pousse à concevoir ses propres cadres dès 2010 lorsqu’il est chargé de formation dans une fondation en Permaculture aux Philippines (Cabiokid Foundation). Nars a pour mission d’identifier des ressources locales dans chacune des régions des coopératives partenaires et de former des équipes pour transformer durablement ces ressources en produits à valeur ajoutée. Les vélos en bambou sont l’un de ces produits.
Je (Perrine) suis ingénieur agronome diplômée de l’ULB. En 2010, je pars aux Philippines comme responsable commercialisation pour Cabiokid Foundation. Plus que le pays, c’est le projet en permaculture qui me motive. Ce modèle remet sur un même pied d’égalité l’Homme, la Nature et l’Economie. Je rêve d’un modèle économique plus durable et les objectifs qui m’attendent aux Philippines sont super enthousiasmants.
C’est dans cette fondation que Nars et moi nous sommes rencontrés. Après 2 ans, je décide de revenir en Belgique (pour des raisons administratives) et commence à travailler pour l’UCM (l’Union des classes moyennes) en tant que conseillère éco-conception pour des entreprises. Très vite, je m’aperçois que, même si une entreprise met tout en place pour améliorer la qualité environnementale de son produit ou de son service, elle reste dans une logique « pour faire plus de chiffre, il faut vendre plus » et est tributaire du comportement du client qui fera attention ou non lorsqu’il utilisera le bien et s’en détachera. Je commence alors à m’intéresser au modèle de l’économie de la fonctionnalité que nous appliquons aujourd’hui pour CYCAD.
Après plusieurs séjours en Belgique, Nars décide de s’y installer en 2013. Toujours passionné de vélo, Il continue à construire des cadres. L’idée de créer un business nous passe par la tête. On se pose alors la question de savoir si on importerait les vélos des Philippines (mais Cabiokid se débrouillait très bien sans exportation et l’import c’était pas notre truc) ou de les fabriquer en Belgique. Nars est passionné par la fabrication et mes valeurs me poussent à développer une entreprise locale qui potentiellement créera un jour de l’emploi à Bruxelles. On décide de fabriquer des vélos.  Après un an en Belgique, Nars s’inscrit à l’EFP dans la formation de mécanicien de cycle pour obtenir l’accès à la profession. Après deux ans de formation et de stages, nous voici enfin près pour lancer CYCAD.

Comment / d’où est née l’idée ?
On a commencé CYCAD par la production et la vente de vélos sur mesure et de draisiennes. Avec la congestion à Bruxelles, on s’est posé la question de savoir pourquoi il n’y avait pas plus de personnes qui roulait à vélo. 3 raisons principales: Bruxelles n’est pas (encore, ça s’améliore) une ville où le vélo trouve facilement sa place; la topographie bruxelloise (et oui, Bruxelles n’est pas plate ;) et le vol. On a donc simplement trouvé une solution qui y répond. Un vélo électrique, mis à disposition au kilomètre. Le client n’est donc plus propriétaire mais l’utilise comme si c’était le sien. Il n’est pas nécessaire de le ramener quelque part en fin de parcours. L’avantage de ne plus être propriétaire c’est que l’entretien et la maintenance sont à charge de CYCAD et qu’en cas de vol, on vous remplace tout simplement votre vélo. C’est une solution qui répond donc à la topographie bruxelloise et à la préoccupation du vol. Pour la place du vélo dans la ville, on collabore avec la région sur des projets comme Ping if you care pour améliorer cela.

Votre bambou vous le trouvez où ?
Dans les jardins bruxellois et dans le jardin de la maison de vacances de mon père en France. Ça pousse tellement vite que pour le moment on en a bien assez.

Qui fabrique vos vélos ? Où ça ?
C’est Nars l’expert. Il les fabrique dans un atelier à Anderlechet.

Quels sont les avantages de votre concept selon vous ?
Le 0 tracas : CYCAD s’occupe de tout et sans surprise au niveau du prix. Pas besoin de payer en plus pour l’assurance ou pour l’entretien. La flexibilité : pas nécessaire de s’engager pour 3 ans et de devoir éventuellement acheter le vélo en fin de leasing. Notre abonnement minimum est de 3 mois. Vous utilisez le vélo comme si c’était le vôtre, pas besoin de le ramener à une borne. L’incitant prix : plus vous roulez, moins vous payez. Plus vous utilisez le vélo (et améliorez donc les conditions de circulation à Bruxelles), moins vous payez. Le prix : le local et durable

D’autres projets en cours avec le bambou ?
Pour le moment on fait des vélos électriques ou non et des draisiennes. Nars rêve du vélo cargo en bambou.

Pourquoi le nom Cycad ?
Sikad veut dire pédaler en philippin. On a gardé le même mot phonétiquement mais changer les lettres pour que cela soit une contraction de CYCLE ADD.

Si quelqu’un est intéressé, quels sont vos délais de production ?
La fabrication d’un vélo demande trois jours de main d’oeuvre et 3 semaines de séchage mais normalement on en a de stock.

On peut vraiment arrêter son abonnement après 3 mois et le reprendre ensuite (genre décembre janvier février) ?
Oui oui mais tu verras, même en hiver c’est un plaisir de rouler à vélo.

Et vous, vous avez déjà parcouru combien de kilomètres avec vos vélos ?
Beaucoup ! Nars a été coursier à vélo et on ne se déplace plus qu’à vélo depuis 3 ans. Donc ça doit déjà faire beaucoup et depuis que mon vélo est électrique encore plus.

Coline

Crédits photos : Cycad

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3 commentaires sur “Cycad – Des vélos bruxellois”

  1. Bremer

    Bravo quelle belle réalisation

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  2. De Coster

    Merci Coline pour cet article découverte ;-) Je viens de prendre les renseignements et on commence l’expérience Cycad en août ;-)

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    • Ha chouette ! Si vous êtes trop impatients, vous pouvez venir tester le mien une fois. Il est devant chez Woodee quasiment tous les jours ;-)

      Répondre

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